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17 septembre 2011

"QUAND LA FEMME S'EN MÊLE" (1957)

Jean Servais, Bernard Blier, Edwige Feuillère, Sophie Daumier,
 Bruno Cremer, Alain Delon, Pascale Roberts
Est-ce le titre ? La présence de Bernard Blier, Sophie Daumier et Jean Lefèbvre au générique ? L’utilisation de l’argot des années 50 ? Toujours est-il qu’on a la sensation que « QUAND LA FEMME S’EN MÊLE » est une comédie policière à la Michel Audiard. En fait, il n’en est rien. C'est une pure ‘série noire’, à peine égayée par quelques répliques amusantes à l’emporte-pièce et des accents parigots à couper au couteau.
Guerre des gangs à Pigalle, vengeance, escroquerie à l’assurance, tueurs à gages, tout y est et le scénario est d'ailleurs plutôt bien agencé. Bien sûr, c'est terriblement daté, mais le film n’est jamais ennuyeux, jamais ridicule et se laisse regarder avec un certain plaisir. C'est dû en grande partie à une distribution de premier ordre : Jean Servais, icône du film noir hexagonal est impeccable en gros dur fatigué. Edwige Feuillère toujours aussi distinguée, n’est pas idéalement castée dans un rôle à la Arletty. C'est dans les rôles secondaires qu’on s’amuse le plus : Pierre Mondy joue déjà les flics, Bruno Cremer est parfaitement glauque et inquiétant en homme de main sadique. Quelle présence, déjà !
Et la cerise sur le gâteau, c'est la toute première apparition à l’écran d’Alain Delon dans un joli rôle de porte-flingue naïf mais hyper-efficace. En quelques séquences, toute la mythologie future de l’acteur est déjà esquissée : le métier de tueur, la séduction physique et la fin tragique. Étonnant. Une sorte de mini-samouraï, en somme. À noter que Jess Hahn apparaît en gangster, postsynchronisé sans son accent yankee.
On est loin des classiques de Becker ou Melville, mais l’un dans l’autre, c'est une plutôt heureuse surprise.

4 commentaires:

  1. Premier film de Delon et sa première apparition est à côté de Jean Lefèvre (si mes souvenirs sont bons)

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  2. Bravo ! Ils jouent Fred (!) et Jo (Delon), deux frappes convoquées par leur boss Servais, pour ouvrir l'oeil.
    La première réplique de Delon au cinéma est quelque chose dans le genre "T'en penses quoi, Fred ?".

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  3. Le côté "comédie policière" était effectivement lié au titre du film, ainsi qu'à son sous-titre qui était, si mes souvenirs sont bons : SANS ATTENDRE GODOT. Godot (parfois présenté comme Maître Godot de Moroy) étant le personnage joué par Servais.
    Parmi les répliques "audiardesques" : "Tout est dans la fesse !" explication de la notion de femme fatale par Edwige Feuillère.
    Comme tu le dis, Fred, une bonne surprise, trop rarement diffusée.

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  4. Content, une fois de plus, de me sentir moins seul quand je défend ces films anciens auprès de ceux qui ne les connaissent pas. Comme, par exemple, "Les Félins" avec justement, Alain Delon, à redécouvrir dare dare. Pas le même registre, mais même époque. Moins marrant, mais bien filmé. ET en noir et blanc. Et...vous le connaissez déjà de toute façon.

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