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27 septembre 2011

"ANOTHER BARRIER" : "Man with a camera"

« ANOTHER BARRIER » est un des bons épisodes de la série « MAN WITH A CAMERA », réalisé par Gerald Mayer.
Trois ans avant le film « X-15 » où il jouait un pilote sous la direction de Richard Donner, Charles Bronson se retrouve ici à faire un reportage sur une base spatiale et particulièrement sur un pilote d’essai de l’avion X-2.
Celui-ci va bientôt accomplir un vol risqué et sa fiancée (Norma Crane) est folle d’inquiétude, car depuis la mort de quelques proches, elle est persuadée de porter malheur à ceux qu'elle aime. Quand l’officier est porté disparu, la jeune femme décide de se défénestrer. Bronson va tout faire pour l’empêcher de sauter. Jusqu'à lui faire croire que le téléphone qui sonne dans sa chambre est peut-être un appel de son fiancé.
Bronson et l’excellente Norma Crane avaient déjà joué ensemble dans un épisode de la série « ALFRED HITCHCOCK PRÉSENTE », trois ans plus tôt et leur duo fonctionne très bien. Le rôle de cette femme névrosée, perturbée, pour tout dire assez pénible est relativement complexe pour un téléfilm de 26 minutes et Bronson s’efface pour laisser la vedette à sa partenaire qui en tire le maximum.

Charles Bronson, Grant Williams et Norma Crane

À noter que Bronson semble parfaitement à l’aise dans sa tenue d’aviateur et à bord de l’avion-porteur, situation qui devait lui rappeler qu'il officia à bord d’un B-29 pendant la WW2.

26 septembre 2011

CHARLEY LINGUISTE

Spencer Tracy interroge la famille de Mae Clarke.
(Bronson est le second en partant de la droite)
Allez ! Un petit clin d’œil de début de semaine à notre mascotte Charley. Depuis peu, on a la possibilité de voir sur YouTube un extrait du ‘film noir’ de John Sturges « LE PEUPLE ACCUSE O’HARA », inédit en DVD.
Un extrait, le seul en fait dans lequel apparaisse Bronson – alors Buchinski – aux côtés de Spencer Tracy. On le voit attablé avec ses frères dockers en train de manger sa soupe, sous l’œil protecteur de la matriarche Mae Clarke. La scène est surtout cocasse, car les frères Korvac parlent un langage non-identifié qui ressemble fort à de l’improvisation délirante. D'ailleurs, Bronson se nomme ‘Angelo Korvac’, ce qui est un drôle de mélange de nationalités. Si quelqu’un parvient à reconnaître cette langue, qu'il se manifeste !
À noter que le film est daté de 1953 sur YouTube, alors qu'il est sorti deux ans plus tôt.

15 septembre 2011

"THE BULLET AND THE CROSS" : "Sugarfoot"

« THE BULLET AND THE CROSS » est un épisode de la série western « SUGARFOOT », réalisé en 1958 par Lee Sholem. Inédite en France, cette série mettait en vedette Will Hutchins, jouant un sympathique et naïf homme de l'Ouest, sur un ton de semi-comédie. Cet épisode n’a pourtant rien de comique : Charles Bronson y joue Cliff Raven, un instituteur d’origines indiennes (un des nombreux ‘natives’ que l’acteur  joua à l’écran), accusé à tort d’avoir étranglé sa fiancée. Peu confiant dans la justice de l'homme blanc, Bronson prend la fuite et se réfugie dans une mine. Hutchins l’y rejoint, semant les lyncheurs à sa poursuite. En tirant sur l’intrus, Bronson provoque un éboulement et les deux hommes sont coincés sous terre. Le héros devra convaincre l’Indien qu'il est de son côté, afin qu'ils unissent leurs forces. Une fois dehors, Bronson est abattu par le shérif-adjoint. Mais le crucifix qu'il porte au cou détourne la balle et lui sauve la vie. Innocenté, ‘Cliff Raven’ quittera les lieux en homme libre.
Un épisode en quasi-huis clos dans la pénombre, porté par l’agressivité et la colère rentrée de Bronson. À noter qu'il connaîtra un sort similaire quelques années plus tard dans un épisode de « LA GRANDE VALLÉE ».

4 septembre 2011

"LE FLINGUEUR" (1972)


L’avantage de certains remakes calamiteux comme « LE FLINGUEUR » avec Jason Statham, c'est qu'ils donnent envie de vérifier qu’on n’avait pas enjolivé l’original dans nos souvenirs.


Bishop, le mécanicien
 
Bonne nouvelle : concernant « LE FLINGUEUR » de Michael Winner, ce n’est pas le cas du tout ! Il s’est même bonifié avec les années. Le style voyant du réalisateur, son montage ultra-cut, sont plus d’actualité que jamais. « Vivre en dehors », c'est le credo d’Arthur Bishop, un tueur à gages au service de la mafia de L.A. En dehors de la société, du système et même du Milieu. Avoir ses propres Tables de la Loi et être seul. Jusqu'à la névrose, jusqu'à la neurasthénie. Jusqu'à tomber dans les pommes au moindre stress.

Car pour être une machine à tuer, Bishop n’en est pas moins un être humain et le scénario de Lewis John Carlino laisse filtrer de petites indications sur son passé. Ainsi l’anecdote racontée par Keenan Wynn en dit long sur l’enfance malmenée du futur tueur. Et sa non-relation avec les femmes fait froid dans le dos : il paie une call-girl non pas pour des gâteries perverses, mais pour lui écrire des lettres d’amour !

D'ailleurs, le sujet du film est malgré tout une love story. Un peu déviée bien sûr, un tantinet sous-terraine, mais la rencontre entre Bishop et le jeune Steve est filmée comme un coup de foudre. La première chose qu’on voie du garçon sont… ses fesses moulées dans un jeans. Et le premier regard que Bishop pose sur lui est plus qu’ambigu. Le fait que ce soit Charles Bronson qui tienne le rôle rend les choses encore plus confuses et perturbantes. Winner utilise magnifiquement le physique particulier de l’acteur, son visage ridé de vieil Apache et son corps d’athlète, sa voix monocorde dénuée de sentiment, son sourire triste. Comme Walker dans « LE POINT DE NON-RETOUR », Bishop est un mort-vivant, un technicien qui a perdu son âme depuis longtemps et qui n’existe plus qu’à travers son art. Car tuer est bel et bien un art pour lui. Il l’exerce en orfèvre, goûtant davantage le processus que l’acte lui-même. En ce sens, le premier quart-d’heure du film est éblouissant : quinze minutes complètement muettes décrivant l’exécution d’un « contrat » par le menu. À faire réviser le jugement de ceux qui persistent à considérer que toute l’œuvre de Winner est à jeter à la poubelle. Parfaitement rythmé – excepté une poursuite à moto infernalement longue et ennuyeuse (héritage de « BULLITT ? »), dialogué à minima, d’un cynisme glaçant, « LE FLINGUEUR » reste ludique, intrigant, captivant de bout en bout. Et l’approche « existentielle » adoptée par l’auteur et accentuée par la BO exceptionnelle en font quarante ans après, un véritable classique du polar noir.

Merci donc aux copistes de nous avoir poussés à revoir ce petit chef-d’œuvre qu’on peut redécouvrir en Blu-ray dans une belle édition allemande.